“Doña Lupe pourrait être une diva cubaine se trémoussant sur des rythmes endiablés… mais elle est toute autre chose.
C’est en déambulant à Jirira, petit village d’une centaine d’habitant au bord du Salar d’Uyuni (Bolivie) que vous pourrez certainement la croiser. Eleveur de lamas et tenancière de petits bungalows touristiques, elle est présente partout dans la boutique…une femme qui vous donnerai des leçons sur la vie, sur la culture de la quinoa, sur le prix du kilo de viande de lama…bref une femme moderne et sûrement encore bien loin du monde agité dans lequel nous vivons.”

Le personnage qui suit est un modèle de solidarité et de courage. Par une longue soirée d’hiver, elle me compta le dévouement à la vie. Ses enfants, agglutinés près du poêle, n’étaient autres que des orphelins d’un village voisin. La vie me paraissait différente de mon enfance luxueuse : à croire qu’on a pas tous la même case départ, pas forcement les mêmes chances au tirage.

Dès la première rencontre, cette petite femme boulotte vous déverse sa générosité sur les bras. Vous ne pouvez répondre que par des sourires, par des gestes tendres. Une mère comme certains en rêvent tous.

Son emploi du temps est chargé : cuisiner au feu de bois pour toute la maisonnée, nettoyer le patio intérieur de sa propriété, laver le linge du foyer, chercher de l’eau au puit. Elle est le contremaître de la maison et il semble que tous se plient aux ordres…un mari, des enfants et une ribambelle d’animaux : une belle ménagerie, n’est-ce pas ?

Si Doña Lupe vous tambourine dans le cœur, c’est que vous êtes vertueux, c’est que vous êtes tombé sous le charme de sa bonne humeur. Lorsque je la retrouve, je me passionne pour cette grande Dame, pour ces longues discussions près du brasier.

Ses convives sont toujours accueillis avec la même ferveur, ils en repartent enchantés et à la fois déçus de ne pas rester plus longtemps.

C’est fou comme j’aime cette petite bonne femme…l’exemple de sacrifice d’une vie.

J’ai bien retenu la leçon Doña Lupe, c’est promis !